A elle et pour elle

Plusieurs fois, j’ai passé
Des heures à ruminer
A chanter et à pleurer
Des amours rencontrés.
Aujourd’hui, c’est à mon premier
Et plus grand amour, que, enchantée,
Je dédie ces mots et vérités.

Quand il m’eut façonnée à son image,
Dieu voulu m’envoyer sur la terre ;
Et au milieu de ses mille créatures,
Il en choisit une pour me porter.
Et tel à une demande de mariage,
Elle fit oui avec louange,
Car oui, c’était notre mariage à nous
Celui de l’âme que rien ne dénoue.

Pour toutes mes relations,
Il fallut une rencontre physique ;
Mais avec elle, celle qui reste unique,
Nous n’eûmes pas besoin des yeux
Pour nous aimer dès le départ.
Le plus drôle, pour lui dire que j’étais là,
Je lui donnai des coups de pied là-bas,
Et la force de notre amour transformait
La douleur de mes coups en pur délice.

Pendant des mois,
Je profitai de son sein ;
Des mois où je m’imposai dans sa vie,
Allant de ses repas à son corps sans répit.
Tout ceci ne put, cependant,
L’empêcher de m’aimer.
De douleurs en souffrances,
Nous nous serrâmes les coudes.

Puis remplie d’une force exceptionnelle,
Dans la nuit, sous les giclés d’eau
De la pluie qui fracassèrent le toit
Elle me fit voir le monde, la lumière.
Et cette larme qui coula, c’était celle de sa victoire,
Sur ce combat entre la vie et la mort.

Mon grand amour m’a tout donné dès lors.
Du langage du lait
A la langue des hommes,
Elle m’a transmise le savoir :
Le savoir vivre et le savoir-faire.

Sur son dos increvable et douillet,
Je me suis tant posée avec bonheur.
De ses bras qui se multiplient,
Elle m’a câlinée, lavée,
Consolée, rassurée et embrassée.

De sa voix qui n’a rien
De celle d’un rossignol,
Elle m’a bercé et fait rire aux éclats.
De son cœur patient,
Elle a supporté mes caprices,
Mes manquements, mes délits,
Sans jamais vouloir en finir.

Je pourrai longtemps vous parler d’elle
Sans jamais pouvoir en dire assez.
Car même si je lui en ai quelques fois
Voulu pour les fessés et coups de chicote,
Contre aucun diamant,
Je ne désire l’échanger.

Je lui transcris le fond de ma pensé
Sur ces bouts de papier ;
Consciente qu’elle ne pourra les lire.
Car elle n’a pas connu l’école du blanc.
Je me suffirai donc de lui faire un baiser
Et lui chuchoter : M’baaka mna saanta.

 

Lydiane

TeamMus

A propos de Lydiane 7 Articles
Passionnée des arts et du livre, amoureuse des lettres, je suis poétesse-slameuse. Mes mots pour les maux, nos mots contre les maux.

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