ARTICLES INVITÉS

  • 29 juin 2019 – 29 juin 2020 : Le chant des vers, un an après [...]

    « Tout a commencé pour lui en classe de CM1, par des poèmes qu’il écrivait pour Fatimata. Des années après, il est devenu Bravo car pour lui, des bravos, ça vaut beaucoup » RL : Bonjour Bravo. Merci pour l’accueil. Alors, pouvez-vous nous présenter qui est Bravo ? Bravo : Bonjour à vous et bienvenue chez moi. Je réponds au nom de Maboudou Abdou Rahim, beaucoup plus connu sous pseudo de Bravo. Je suis poète slameur, doté d’une licence au département d’anglais à l’Université d’Abomey Calavi, option études africaines. Je suis un passionné de l’art, de la communication et tout ce qui s’y rapporte. RL : Ce choix du surnom Bravo, comment est-il venu ? Bravo : Alors, Bravo est un agent secret du livre de Robert Ludlum intitulé Le Manuscrit Chancellor. Après l’avoir lu, mes amis m’ont attribué ce nom-là, car il faut avouer que le livre a été lu par les amis à tour de rôle. Chacun en a pris un surnom et c’est celui de Bravo qui restait, alors il m’a été attribué. Donc Bravo, il est tiré d’un livre et c’est pourquoi il est également retourné dans un livre : Le chant des vers. Mais plus loin, Bravo, c’est pour rappeler à Abdou qu’il doit…

    Publié le 29 juin 2020
  • Miel sacré – Eléna Miro K. [...]

    Miel Sacré! Lecture sucrée ! Régal assuré! « Miel Sacré » est un ensemble de deux récits très intéressants méticuleusement écrits par Elena Miro K. qui, de par son génie, enrichit une fois de plus la littérature béninoise. Fondatrice d’une entreprise de communication, elle est connue du grand public en tant qu’animatrice de télévision. Elle se confirme désormais comme écrivaine avec « Miel Sacré » après son premier livre intitulé « Le bout du tunnel». « Miel Sacré » , ce sont deux fenêtres ouvertes sur la vie et l’amour, le destin et la fatalité, l’espérance et la souffrance, tant de thèmes qui se mêlent et s’entremêlent pour former finalement une histoire belle et pleine de rebondissements et de surprises. Que la sensation y dicte sa loi, que la sensualité y donne de la voix, l’auteure l’assume dans le portrait qu’elle dresse des deux dames Lady Jessy et Stéphanie qui servent de colonnes vertébrales cette œuvre parue aux Editions Tamarin en 2016. Dans le premier récit titré Lady Jessy, on éprouve avec Loïc les douleurs de son amour sans égal pour une âme-sœur qui ne mériterait peut-être pas un tel sentiment. Mais enfin, qui est digne de l’amour que l’autre lui porte? L’amour n’est-il pas gratuité par définition? Pour avoir…

    Publié le 23 mars 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 30 [...]

    Lorsque j'arrivai à Cadjehoun, Yayi était là, assis sur sa petite véranda. Il m'avait l'air un peu amaigri et fatigué, mais paraissait d'humeur normale. "Tiburce, fit-il dès que j'entrai dans la maison, tu n'es pas allé à la CENA avec eux?". Je lui expliquai que j'étais resté au siège de campagne après le départ de la délégation. Il m'invita à m'asseoir sur l'une des chaises blanches en plastique que Ibrahim le gardien avait disposées sur la véranda. Yayi, comme d'habitude, voulait avoir le baromètre du terrain. Je le rassurai sans avoir besoin de le flatter. Car tous les signaux étaient au vert. L'enthousiasme était visible chez les populations et pour la première fois, nous avions des effets d'adhésion qui transcendaient les cloisonnements politico-régionalistes connus jusque-là. L'image hideuse de la confrontation nord-sud que nous redoutions avait été si bien noyée que Yayi paraissait suscité plus de passions positives dans les grandes agglomérations du sud que dans les fiefs traditionnels du nord qu'il reprenait au Général kerekou. Et ce résultat était loin d'être le fruit du hasard. En effet, en le présentant au sud d'abord sous l'emballage des églises évangéliques,  en utilisant à fond sa proximité  avec les Soglo dont nous mettions…

    Publié le 17 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 29 [...]

    Chabi Zakari Félicien était dans tous ses états. Il était directeur général du Trésor et jusqu'à 17h, il ne voyait personne passer à sa caisse pour le paiement et le retrait de la quittance obligatoire sur le dossier de candidature. Ahamed Akobi finit par donner suite à ses appels incessants en le rassurant. La quittance avait été bien retirée, mais à la recette-perception de Jéricho en face du marché Saint - Michel. Le dossier était d'ailleurs totalement prêt. Tout était bouclé et le cortège s'ébranla bientôt en direction de la CENA. La délégation était conduite par le professeur Jean-Pierre Ezin qui était l'œil du renard de Djrègbé, Albert Tevoedjrè dont le PNE, parti national ensemble, était, avec le NCC de François Tankpinou, les premiers soutiens politiques ouverts de Yayi dans l'Oueme. Jean-Pierre Ezin, cet après-midi là était accompagné de Ahamed Akobi, André Dassoundo, Saka Lafia, Macaire Johnson et bien évidemment Charles Toko. J'étais resté à Bar Tito bien que n'ayant plus rien de particulier à y faire. L'ambiance bruyante des militants qui allaient et venaient, l'écho parfois sourd de la musique dehors, à l'entrée du siège, me laissaient songeur. Si tout ce monde insouciant pouvait savoir ce qui venait d'être…

    Publié le 17 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 28 [...]

    Aujourd'hui jour de clôture des dépôts de candidature pour la présidentielle de mars 2006. Et pourtant aucune nouvelle de Yayi. J'avais pu glaner quelques informations sur sa position géographique, mais je n'étais pas fondé à les partager. Je savais par exemple qu'il avait entrepris une tournée auprès des chefs d'État de l'espace UEMOA pour leur annoncer sa candidature prochaine à l'élection présidentielle béninoise et par conséquent son départ de la tête de la Boad. Ses relations avec ces chefs d'État étaient plutôt bonnes. Pas plus. Mamadou Tandja le nigérien ne lui cachait pas sa sympathie. Blaise Compaoré le burkinabé était plus froid et plus intrigant , mais n'affichait pas de réserve particulière à ce projet politique. Amadou Toumani Touré le malien l'encourageait avec effusion à y aller. Laurent Gbagbo l'Ivoirien faisait des blagues allusives sans que sa position ne soit clairement lisible. Le patriarche Abdoulaye Wade avait sa petite idée sur la candidature : " mon fils, pourras-tu tenir face aux vieux crocodiles de la mare politique béninoise?". Le timonier togolais Gnassingbé Eyadema était de loin le plus protecteur. C'était lui le père politique de Yayi à qui il lui arrivait de faire passer les états d'âme du Général Mathieu…

    Publié le 17 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 27 [...]

    Tout compte fait, nous n'avions plus tellement le choix. Il nous fallait relancer ce satané Distel. Il était le seul capable de relayer sans état d'âme dans son journal, les images si agressives du cadavre de cette fillette allongée au bord d'une piscine qu'on disait être celle du château de Houngbédji à Adjina. La diffusion de ces images par mailing avait produit les effets escomptés. Plus de 400 adresses dont on peut supposer qu'au moins le tiers était actif. A côté des images montées dans photoshop avec un Yayi roupillant, bouche ouverte, en pleine réunion, celles qui apparaissaient depuis quelques heures sur l'écran des ordinateurs des propriétaires des adresses e-mail retenues, étaient l'arme absolue. Nous étions dans la proportion d'une grenade lacrymogène contre "Little Boy", la bombe atomique lâchée sur Hiroshima. Mais nous n'étions pas encore à l'ère des Androïds, et le besoin de relayer les images par un tabloïd se faisait sentir. Je savais que ce serait un pari risqué pour les directeurs de publication dont la quasi totalité était en contrat de non agression avec toutes les chapelles politiques. Par ailleurs, un directeur de journal contacté à cet effet aurait immédiatement lancé l'alerte. Nous n'avions plus qu'une seule…

    Publié le 17 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 26 [...]

    En ces premiers jours de 2006,  la machine électorale de Yayi tournait à plein régime et le maillage du terrain était des plus fins. Les grandes structures faîtières de mouvements de jeunes comme IMC-YANAYI présidé par Bénoît Dègla, l'UFPR de Edgar Soukpon ont été inféodées à un Bureau Central Intérimaire, BCI, présidé par Moïse Mensanh. Le BCI fédérait les énergies des mouvements de jeunes et des formations politiques. Face au BCI, des mouvements, partis et personnalités politiques affirmèrent clairement leur désire indépendance. Ce fut le cas, par exemple, du FRAP qui était déjà timidement sous la coupe de Chantal de Souza Yayi et  du mouvement "Maman Yayi", monté et conduit par la première épouse de Yayi. La rivalité entre ces deux mouvements était donc naturellement passionnelle. Et bientôt, certains autres mouvements et personnalités politiques au flair puissant, choisiront d'aller faire allégeance à Aladja Zahia plus connue dans le sérail sous le nom de " Aladja Kpondéhou" . C'est à elle que certaines sources bien introduites attribuent le choix de l'étrange costume zazou à queue de pie que Yayi porta le jour de sa première investiture. Ces trois femmes d'influence se livreront une guerre de tranchées impitoyable autour du pouvoir pendant…

    Publié le 17 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 25 [...]

    Ouidah s'offrait à nous, simple et mystérieuse. Glexue, la cité des kpassè, porte océane de l'ancien royaume du danxome avait donné déjà plusieurs premières dames au Bénin. Et nous voici entrain de lui en réclamer une nouvelle. Dans cette Mercedes ML qui venait de franchir le poste de contrôle policier de "vaseho" à l'entrée de la ville, l'ambiance était calme. J'étais assis devant, à côté du conducteur, Jean Djossou. Le pasteur Michel Alokpo était assis avec Chantal sur la banquette arrière. Ah ce sacré pasteur Alokpo! C'était le genre de personnage difficile à classer. Son titre de pasteur ne faisait pas l'unanimité dans le milieu évangélique. Il lui était pêle-mêle reproché de ne tenir son titre d'aucun institut théologique, de n'avoir aucune assemblée régulièrement à sa charge et d'avoir déjà divorcé sans scrupule. Mais toutes ces accusations se faisaient exclusivement dans son dos. Car l'homme avait une capacité de nuisance que personne ne voulait tester. Ceux qui lui ont déjà cherché noise parmi les pasteurs évangéliques avaient dû rapidement ranger les armes et signer forfait. Il tient de son long activisme au sein des structures de base du Prpb, un sens aiguisé des intrigues mais aussi des arrangements et des…

    Publié le 15 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 24 [...]

    Jean Djossou était un personnage au caractère bien trempé. Il a fait fortune dans l'imprimerie et beaucoup d'employés qui ont eu maille à partir avec lui en ont gardé quelques souvenirs physiques plutôt dissuasifs. Il n'hésitait souvent pas, au besoin, à régler ses contentieux à la dure, à l'ancienne, comme un garçon, à coup de poings. Son entrée dans le yayisme contrebalança profondément l'influence de Tunde dans le monde de l'imprimerie. Quand il fut démarché pourtant la première fois par un groupe de jeunes activistes de la zone de Akpakpa, conduit par Macaire Johnson, il les refoula sèchement, subodorant un coup tordu des services du Colonel Hounsou-Guèdè dans le but de faire bloquer ses règlements de factures déjà en souffrance au trésor. Il reçu plus tard la visite du pasteur Michel Alokpo dont le discours lui parut suffisamment persuasif pour le décider à organiser à son domicile un grand "dîner de prière" rassemblant tous ceux qui comptaient dans les milieux de l'Ueeb. Yayi n'était-il pas avant tout, membre de cette église ? Le discours qu'il prononça ce soir-là et qu'il avait déjà rôdé dans beaucoup d'autres milieux, fit mouche. "Si vous me dites d'y aller, j'irai. Si vous me dites…

    Publié le 15 février 2020
  • Mémoire du chaudron – épisode 23 [...]

    Si Yayi devait continuer à me voir régulièrement comme il semblait en exprimer le besoin, le clash serait alors inévitable entre Chantal et moi. J'avais beau cherché à comprendre qu'elle adoptait la même attitude vis-à-vis de tout le monde, je ne réussissais pas à classer par simples pertes et profits mes nombreuses salutations qui restaient sans réponse. D'ailleurs mes " bonjour maman " s'étaient progressivement mués en furtifs " bonjour madame ". La vérité, pensai-je, c'est que Chantal n'aimait personne, du moins aucun de nous qui venions parler de " 2006" avec son époux. Pour elle, nous n'étions que d'impitoyables escrocs, vendeurs de chimères sans scrupule qui venions faire les poches à Yayi. Sa conviction était établie, son époux n'avait aucune chance de prospérer en politique, encore moins d'être Président de la République. En deux ou trois occasions, elle le déclara devant des visiteurs en exprimant son ras-le-bol face aux sangsues impénitentes que nous étions. Pourtant, ses soeurs que j'eus plusieurs occasions de rencontrer à Cadjehoun me paraissaient très intéressantes et très spontanées. C'est vrai que le syndicaliste José de Souza avait toujours montré de la froideur face aux ambitions présidentielles de Yayi. Marcel ou "Masso" pour ses intimes, était…

    Publié le 15 février 2020