ARTICLES INVITÉS

  • Mémoire du chaudron – épisode 13 [...]

    Le pasteur titulaire du temple universitaire de l'église évangélique des assemblées de Dieu qui tenait le rôle de facilitateur à cette rencontre, fit une petite introduction liminaire piquée de petites flatteries à l'endroit de celui dont la victoire, dans nos esprits, se dessinait de plus en plus nettement pour l'élection présidentielle, puis termina  avec emphase par un émouvant " monsieur le président, vos soldats veulent vous parler". Yayi qui semblait boire au sens propre ce petit discours introductif, fit signe au pasteur de prendre de prendre la direction de la séance. Chacun de nous eu rapidement la parole pour se présenter. Quelques nouveaux visages s'étaient en effet ajoutés à ceux devenus habituel pour le candidat. Quand fut terminé ce genre de petit rituel, le premier d'entre nous qui fut autorisé à rentrer dans le vif du sujet, se remit à nouveau à se présenter. Ceci fit courir un murmure d'exaspération dans la salle. La manœuvre n'était pourtant pas innocente. En effet, Paulin Dossa et moi qui avions, dans le groupe, le privilège d'être en contact direct avec Yayi, avions le dos large pour subir les récriminations incessantes des autres. "Yayi ne connaît toujours pas mon nom " s'était agacé un…

    Publié le 15 février 2018
  • Mémoire du chaudron – épisode 12 [...]

    La réunion de clarification et de remobilisation qui se tenait ce dimanche dans la résidence en face du temple universitaire de l'église des Assemblées de Dieu, paraissait d'une grande importance pour Yayi. Un vent d'apostasie soufflait en effet sur le petit noyau autour duquel il avait minutieusement bâti pendant trois longues années la grande machine de mobilisation qui infiltra la moindre congrégation évangélique dans les hameaux les plus reculés du pays. C'est que depuis plusieurs mois, le candidat se faisait de moins en moins accessible à ce groupe  de jeunes pionniers du yayisme dont la plupart avaient pris leur engagement politique comme un devoir biblique. Mais Yayi avait, froidement, changé de paradigme de fonctionnement. Considérant avoir suffisamment avancé dans son maillage du milieu évangélique, il avait décidé de ne plus  avoir pour interlocuteurs que les pasteurs et autres responsables d'église. Il y avait été sans doute encouragé par les plaintes sournoises et de certains de ces pasteurs qui, fins calculateurs, et voyant venir les enjeux, exigeaient de ne discuter qu'avec lui-même. C'était, après tout, les pasteurs qui dirigeaient les églises, pensait sans doute Yayi. Autant traiter alors directement avec eux. Et ça fait plus sérieux. Les nombreuses réunions de prière…

    Publié le 15 février 2018
  • Mémoire du chaudron – épisode 11 [...]

    Décembre 2005. L'année s'étirait inexorablement vers son terme. Tellement le chiffre 2006 avait été martelé dans l'actualité politique les quatre dernières années, que le fait de se retrouver à seulement deux semaines de son avènement, me donnait une sensation presqu'iréelle. Nous étions en effet à la mi-décembre et le siège de campagne de Bar-Tito grouillait de monde et d'activités. Je pouvais y voir défiler à longueur de journées la plupart des leaders politiques, dont beaucoup s'affranchissaient déjà insolemment de l'emprise du Général Mathieu Kerekou. Malgré le refus silencieux de Yayi d'y mettre les pieds, la présence de plus en plus régulière de son premier cercle de soutien à l'Assemblée nationale, ainsi que de certains visages qui étaient déjà identifiés comme faisant partie de son pré carré, légitimait largement ce siège aux yeux du grand public.Les plus visibles et les plus engagés de ces soutiens parlementaires étaient entre autres, karimou Chabi Sika, Debourou Djibril, Saka Lafia et André Dassoundo. Ils étaient en première ligne de la riposte populaire organisée contre la loi sur la résidence obligatoire de un an exigible à tout prétendant au fauteuil présidentiel et qui excluait d'office Yayi Boni. La cheville ouvrière de cette cascade de marches dans…

    Publié le 15 février 2018
  • [24ème journée de l’écrivain Africain] pour une révolution culturelle [...]

    La mémoire vit du souvenir. Et l’histoire, dans son entêtement, se gausse bien de ceux qui, volontairement, s’affublent de leurs lunettes de myopes pour manquer de voir ce qui doit être vu quand cela doit être vu et comment il doit être vu. La Révolution d’Harlem, les travaux des chantres de la Négritude, les contre-attaques de la tigritude, tout cela a donné naissance à la littérature « noire » fière de sa « négralité », entendu qu’il est crié à cor et à cri (à corps aussi) qu' »un homme qui crie n’est pas un ours qui danse » (Aimé Césaire) et que la négraille est inattendument debout. (Cf. Cahier d’un retour au pays natal)  La littérature africaine, revendicatrice en son essence et en ses manifestations protagonistes des luttes indépendantistes a donné naissance à une conscience d’une Afrique qui ne peut se construire si elle ne se prend culturellement en charge. Les cris de révolte dans ce sens ne se sont pas fait attendre. Des « Pigments » au « Devoir de violence« , de « Batouala » à « Moi, laminaire« , de « Soleil cou coupé » à « Peaux noires, masque blanc« , de « Coups de pilons » à « Main basse sur le Cameroun« , cette prise de conscience s’est accrue et a aidé le noir à oser dire ce…

    Publié le 5 février 2018
  • Daté Atavito Barnabé-Akayi  reçoit le Prix du Président de la république [...]

    Il est à coup sûr l’écrivain béninois le plus prolifique de ces dernières dix années : une vingtaine de publications, soit en moyenne plus de deux livres par an, dans les quatre genres littéraires que sont le théâtre, la nouvelle, l’essai, et le roman. Daté Ataviti Barnabé-Akayi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a remporté, avec sa pièce de théâtre « Le chroniqueur du Pr », la 6ème édition du « Prix du Président de la République ». La cérémonie de remise du prix a eu lieu le lundi 07 novembre dernier, soit deux mois après le lancement de cette édition. Il succède ainsi à Habib Dakpogan avec son roman PV Salle 6. En dehors du Trophée et de l’enveloppe de trois millions de francs CFA, il a l’heur de voir la réédition de l’ouvrage primé à hauteur de 1.000 exemplaires par la Direction des Arts et du Livre. Moderniste et enseignant de carrière, Daté Atavito Barnabé-Akayi est un des auteurs béninois les plus engagés dont les publications ne manquent pas parfois de susciter des remous. En attendant de revenir progressivement sur son oeuvre, Racontars de lectures lui adresse ses félicitations. Daté Atavito Barnabé-Akayi avec son trophée du "Prix du président de…

    Publié le 5 février 2018
  • [Errances dans nos sables mouvants] Colbert Tatchégnon Dossa [...]

    Le professeur de Français et journaliste béninois Colbert Tathchégnon Dossa publie en aout 2017 aux éditions Plurielles, son premier livre : Errances dans nos sables mouvants. Le livre est un recueil de dix nouvelles autofictionnelles subdivisées en deux parties de cinq nouvelles chacune : Les funambules de la famille d’une part et Les relents de nos sueurs d’aisselles, d’autre part. Ces histoires sont précédées d’un avant-propos dans lequel l’auteur en bon professeur de français définit à ses lecteurs la notion d’autofiction : autobiographie empruntant les formes narratives de la fiction. Errances dans nos sables mouvants : randonnée sur les sentiers tortueux de notre société. Errances dans nos sables mouvants est d’abord une invitation à vivre et à comprendre le chemin de craie – pour ne pas dire de croix- des enseignants vacataires au Bénin. L’auteur qui affirme ‘’ qu’on ne peut observer le monde qu’à travers sa lucarne ‘’ s’inspire de son expérience d’ancien enseignant vacataire pour partager avec le lecteur le quotidien de cette catégorie d’enseignants. C’est là que se justifie le choix de l’autofiction. Les nouvelles sont alors écrites à la première personne du singulier et point n’est besoin de se demander la ligne de démarcation entre la…

    Publié le 5 février 2018