ENTRE COLLÈGUES DE PLUME

  • [Verre cassé] Alain MABANCKOU lu par Habib Dakpogan [...]

    Voici donc un roman de plaisance, dont la grande originalité réside dans le style et l’audace. Rien ici ne pèse ni ne pose. C’est un ruisseau à haut débit, un torrent verbal sans frein – il n’y a pas de point !

    Publié le 10 novembre 2018
  • [Noire Venus] Apologie du féminisme, chanson d’amour, ode à la virilité? [...]

    Le recueil de poèmes  »Noire Vénus », Carmen Toudonou, éd. Flamboyant, 2015, Cotonou, 192 pages D’entrée, le titre fait tilter. Vénus comme la planète, Vénus comme la déesse romaine de la séduction, de la beauté et de l’amour. Provocation, volonté de dissoudre son « africanité » dans l’universel ? Le doute est vite dissipé dans le titre lui-même ; ensuite, la teneur des textes, écrits dans un style plaisant, suffira à convaincre définitivement de la démarche authentique de l’auteure. Oui, la Vénus est bien noire. Sur la page de couverture, une femme dont les formes sont sublimées et la carnation d’ébène exaltée. Si cette première équivoque est levée, considérer l’œuvre-ci comme un énième texte louangeur de la beauté noire ne serait que trop réducteur. Ce recueil, qui se divise en deux parties, a une portée cathartique qui dépasse la personne de l’auteure ; embrassant tour à tour la Femme, l’Homme, l’Enfant et l’Humain. Découvrons d’abord la femme s’abandonnant à la musique de l’amour :

    Publié le 29 mars 2018
  • Parce qu’on n’a pas mieux ! [...]

    Marguerite Barankitse, Prix Nobel et Prix des droits de l’homme, dans son discours à l’occasion de sa distinction au rang de docteur honoris causa de l'Université Catholique de Lille le 02 février 2004, s’adressant à ses frères et sœurs africains, a affirmé que « nous ressemblons aux mendiants assis sur des lingots d’or » ! L’Afrique, à l’interne, à tous points de vue, dispose d’innombrables ressources qui devraient faire d’elle puissance et référence universelle. Comme les autres nations africaines, le Bénin dispose lui-aussi d’une richesse littéraire inépuisable. Qu’il s’agisse des ressources humaines, de la matière ou mieux, de la production livresque, la littérature béninoise s’est fait une place de choix ! Pour mieux vous en convaincre, votre blog s’engage à travers deux initiatives : « Littérature béninoise, raconte ! » et « Entre collègues de plume ». Si la première crée le dialogue entre l’écrivain et son lecteur autour du livre, la seconde « Entre collègues de plume » se veut, quant à elle, la réponse par la preuve à la question « les hommes de lettres béninois se lisent-ils ? ». « Littérature béninoise, raconte ! » Elle est une initiative qui vise la promotion de la littérature béninoise à travers une démarche participative entre écrivains et lecteurs. Elle consiste, en un premier temps, à collectionner des comptes…

    Publié le 5 février 2018
  • [Les enfants n’oublient rien] Ousmane Alédji : Quand le théâtre court [...]

    Dès l’ouverture du livre, des didascalies projettent des scènes de violences, à chaque fois qu’une page est tournée pour une autre. On se croirait devant un poste téléviseur, télécommande en main zappant une chaîne pour une autre mais tombant toujours sur des films choquants. Peut-être ceci  peut-il signifier l’omniprésence de la violence dans le quotidien humain. Mais les cinéphiles peuvent, eux,  s’imaginer au cinéma  en prenant lesdites violentes scènes portées par ces didascalies comme un avant-goût de ce qui va suivre. Ils n’auront pas tort. Un homme est kidnappé par deux ravisseurs qui le tiennent militairement sur le trajet d’une  destination inconnue et paraissant loin pour la victime. Lusha a la peur de sa vie mais ne laisse rien transparaître de cet état d’âme de faiblesse. Mieux, il a la grande gueule devant les deux individus cagoulés qui le poussent à aller plus vite, avec des coups dans le dos, et à qui il rappelle avoir « des pieds, pas des pneus » (p.27). Sur le chemin, il les traite de tous les noms pouvant servir à désigner l’amateurisme et l’incompétence. Lusha joue toutes les cartes de la ruse afin de manipuler psychologiquement ses ravisseurs. Tantôt, il leur fait savoir qu’ils ont…

    Publié le 5 février 2018
  • Temps additionnel de Martial KOGON: Le polar d’un vicaire [...]

    En fermant ce dimanche soir les pages de romans d'enfilage, j'ai retrouvé ma joie de Normalien. Joie ressentie quand en 2013, je recevais de ma moitié ce roman digne d'intérêt. Je tiens à partager avec vous, les followers de racontars de lectures ladite joie. Il s'agit comme vous le savez du premier roman d'un auteur talentueux du Bénin. Son nom est Martial KOGON. L'ouvrage a eu le prix Plumes Dorées 2013. Il aura, à travers ce roman bien cousu, réussi à faire passer un grand message sur la profondeur de l'amour vrai. En effet, ce livre bâti sur 231 pages et séquencé de 24 chapitres encadrés par un prologue et un épilogue, cuisine l'histoire d'un crapuleux assassinat d'un homme appelé Basile. Ayant des démêlés avec un narcotrafiquant, Basile sera assassiné par un gangster de haut niveau alors qu'il avait sollicité la protection de son amie, Mariam. Avant son trépas suite  à de violents coups de poignards   dans la gorge, Basile laissera une empreinte : « Edem m'a tué ». Or, le mari de Mariam s'appelle Edem Dalivi. En voyant cet indice qui condamnerait son mari (lunatique et toxicomane dans son passé), Mariam effacera l'écriture avant d'appeler la police. Elle se portera coupable d'un crime…

    Publié le 5 février 2018
  • [Les amours incurables] Jean-Paul Tooh-Tooh lu par Myrtille Akofa HAHO (écrivaine) [...]

    Les amours incurables est un recueil de nouvelles, à la texture très originale où des figures pâtissières rouges chevauchent une couverture toute blanche. Cette œuvre de Jean-Paul Tooh-Tooh parue aux  Éditions Tamarin en 2015, démarre par un liminaire réflexif et incisif. Je me suis surprise à lire une entame d’essai et un regard plus que réaliste sur des sujets qui sont des secrets…de Polichinelle pour la plume de l’écrivain. Ce n’est qu’à la signature de Houessou Akérékoro, « introduiseur » du recueil que j’ai compris qu’on en était à la première nouvelle. C’est dire que tout transporte ici, nonobstant tous les transports idylliques et lubriques dont  regorge le verbe personnalisé de Jean-Paul Tooh-Tooh. Tout porte loin avec cette franchise que n’ose pas tout narrateur mais qui devient sa signature à lui. Il ordonne l’inquisition chez le lecteur qui se mire dans le réel de ses écrits et tisse la toile de  l’araignée médusée  dans l’univers impie de Régis, artiste peintre qui, à court d’inspiration, veut du beau, de l’inédit, du lumineux, mais aussi des délices à travers Leïla. La pauvre et belle Leila. L’irrésistible et fatale Léila. Il y a toujours cet ordre déséquilibré des choses où tout se paie tant…

    Publié le 5 février 2018
  • [Les voyagistes ] de Pelphide Tokpo ou de la psychologie des acteurs de l’émigration clandestine (par Colbert Tatchégnon Dossa, écrivain) [...]

    Trois trublions de personnages : Aklassou, Marx et Nougloyi ; chacun sûr de son jeu qu’il dissimule bien aux autres. Les trois à l’intérieur des quatre murs d’un bureau de fortune abritant une agence au nom drôlement prometteur : AGENCE AU REVOIR LA MISÈRE. Prometteur pour les Africains désespérément accrochés à leur rêve d’émigration en Occident si ce n’est dans la méditerranée au royaume des requins. Voilà le décor dans lequel évoluent les trois personnages de la pièce théâtrale « Les voyagistes » de Pelphide Tokpo (in Collectif, Au nom de tous ces cons, recueil de pièces théâtrales, Cotonou, Editions Plurielles, 2017) ; trois personnages que le lecteur/spectateur croit connaître jusqu’à la dernière scène où le masque de chacun d’eux tombe. Il s’agit en effet d’Aklassou, le patron d’un réseau de passeurs qui se font appeler des « voyagistes ». Son agence dit fournir aux candidats à la migration « trois packages » (lisez : offres) de services pour les conduire jusqu’en Europe : le package  Silver, le package Gold et le package Diamand : le package  Silver regroupant « le voyage et l’option ‘’RF’’ » c’est-à-dire « Regroupement Familial » qui donne au client candidat à l’émigration « la possibilité de se voir rejoindre là-bas en Europe, par n’importe quel parent dès qu’il le souhaite ; ceci par les…

    Publié le 5 février 2018
  • [Errances dans nos sables mouvants] Colbert Tatchégnon Dossa [...]

    Le professeur de Français et journaliste béninois Colbert Tathchégnon Dossa publie en aout 2017 aux éditions Plurielles, son premier livre : Errances dans nos sables mouvants. Le livre est un recueil de dix nouvelles autofictionnelles subdivisées en deux parties de cinq nouvelles chacune : Les funambules de la famille d’une part et Les relents de nos sueurs d’aisselles, d’autre part. Ces histoires sont précédées d’un avant-propos dans lequel l’auteur en bon professeur de français définit à ses lecteurs la notion d’autofiction : autobiographie empruntant les formes narratives de la fiction. Errances dans nos sables mouvants : randonnée sur les sentiers tortueux de notre société. Errances dans nos sables mouvants est d’abord une invitation à vivre et à comprendre le chemin de craie – pour ne pas dire de croix- des enseignants vacataires au Bénin. L’auteur qui affirme ‘’ qu’on ne peut observer le monde qu’à travers sa lucarne ‘’ s’inspire de son expérience d’ancien enseignant vacataire pour partager avec le lecteur le quotidien de cette catégorie d’enseignants. C’est là que se justifie le choix de l’autofiction. Les nouvelles sont alors écrites à la première personne du singulier et point n’est besoin de se demander la ligne de démarcation entre la…

    Publié le 5 février 2018