Joncquet crée, Joncquet assume – épisode dernier

C’est souvent les soirs que la mélancolie le gagnait. Ces soirs passifs à n’exister que pour regarder le monde par le même petit carré coupé de l’univers, derrière des barreaux de fer, il chantonnait la même chanson de Cabrel, toujours au niveau du pont de modulation :
« La lame est dans ma poche
Si c’est elle que t’aime
Il faut que tu le fasses.
Les lumières s’approchent
Le cri des sirènes et c’était une impasse ».
Il l’aurait bien jouée, cette mineure sombre et belle. Mais il n’avait pas droit à la guitare. Nul ne peut néanmoins lui ôter une rengaine du cœur. Il retournerait un jour faire la manche avec sa guitare, et l’œil du père lui sourira une dernière fois, avant de se révulser pour de bon, vers l’infini des âmes vengées.
FIN

A propos de Habib Dakpogan 18 Articles
Écrivain béninois, lauréat du prix "Président de la république" 2015 avec le roman "PV salle 6".

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