Tobi, la dame du couvent – Daté BARNABE AKAYI

Tobi était hantée par la mort et toute son armée. Une dame cherche à l’occire. Elle était poursuivie par des rêves cauchemardesques, funestes…

Tobi est en plein exorcisme par un berger, dans la nuit noire, sous la pluie, dans une brousse, mais avant dans le ruisseau, dans la grève, pendant quarante jours et quarante nuits.

Tobi est née d’une mère comme toutes les mères. Une mère ménagère, mais malheureuse qui avait fui son alcoolique de mari polygame de vingt femmes. Lequel, par amour, lui donnait plus de coups de pied que de mains à cause de sa stérilité. Elle l’avait donc fui pour rejoindre Djahu, le père de Tobi.

Djahu est un féticheur compétent qui fabrique des présidents de la république. Un féticheur probe, généreux, vertueux et honnête, mais qui basculera, à la naissance de Tobi, dans la concupiscence, dans la gabegie sexuelle, la cupidité et des sacrilèges. Des sacrilèges qui le tueront.

Maman Tobi fut arrêtée pour meurtre et complicité. Sa sœur, la tante de Tobi, avocate, la libérera. Elle rejoignit son mari le même jour.

Tobi se retrouve avec sa tante, grandira avec sa cousine, la seule fille de sa tante. Sa tante que le mari répudiera, quittera pour manque de féminité.

Tobi ira à l’internat, où elle tombera raide dingue amoureuse d’une jeune fille, la laissera pour un vieux de 60 ans qui, quand sa tante lui réclama son amoureux, elle abandonnera à son tour, mais à contre coeur, pour un jeune homme à qui elle offrira un garçon qui n’est pas le sien, mais de sa liaison gérontophile et ce, après avoir envoyé deux jumeaux dans les caniveaux, sous des briques de 15.

Le berger était estomaqué. Ses oreilles ont grelotté, trembloté face à ce récit-confession. Il proclama quand-même l’absolution. Les rêves de Tobi cessèrent. Les cauchemars aussi. Mais reprirent… La dame qui, dans ses rêves, voulait l’occire revint.

Tobi, entre temps, avait eu le temps, de temps en temps, de resombrer dans la tentation, de s’acoquiner avec une jeune dame de l’église. Et l’église fut endeuillée. La quarantième nuit, un 15 août. Le jour de son anniversaire, on annonça à son mari et à son unique garçon l’excipit de la nouvelle que « Tobi était retrouvée dans les bras d’une autre dame dans l’enceinte de l’église ». Toutes les deux en tenue d’Ève. Les yeux fermés. Éternellement.

Tobi, la dame du couvent est le récit final du recueil de nouvelles intitulé L’affaire Bissi, il y a mieux que la neige… de Daté Atavito Barnabe-Akayi. Ouvrage au programme dans nos classes de Première.

A propos de Chrys AMEGAN 2 Articles
Je diffuse ma passion pour les lettres avec vous mais aussi avec les apprenants des lycées et collèges du Bénin.

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