[L’autre goût de la vengeance] – épisode 7 (fin)

Et elle avait entrepris de se venger… Et ce qui ne devait pas se passer se produisit ! 

Maintenant, même quand on sait tout ce qui précède, on ne sait pas encore que le fin mot de toute cette histoire est ailleurs. Précisément dans ce que Bibouchou a omis de dire. 
Bibouchou, à l’état civil Habibou Choupagou, est un gynécologue d’excellente réputation. Il travaille pour le compte d’une organisation internationale. Karmelle et lui, c’est le grand amour depuis plus de cinq années. Nonobstant, le ménage commence à battre de l’aile depuis peu parce que le couple n’arrive toujours pas à procréer. La raison de cette situation se trouve dans le spermogramme de Bibouchou. Et il est le seul à le savoir. 
Dimanche surpassé donc, quand Habibou Choupagou dit Bibouchou a surpris leur Bonne Alissa dans leur chambre et qu’il a entrepris de profiter de la situation, il s’est rendu compte après avoir tiré son coup que les seins de sa Bonne avaient pris du volume. Puis, il s’est souvenu d’avoir été témoin de quelques scènes de malaises de la même Alissa au cours des jours précédents. En faisant les recoupements dans sa tête, une conclusion a sauté à ses yeux : Alissa était enceinte !
Mieux, dans sa prégnance, Habibou avait la quasi-certitude que la jeune dame elle-même n’avait pas encore pris conscience de son état de grossesse. Quand il est retourné dans la chambre de la bonne pour la seconde fois, autour de 04H, il avait une idée précise dans sa tête : créer les conditions telles que, quand les premiers signes évidents de grossesse apparaîtront, la jeune Alissa inscrive son nom à lui en bonne place sur la liste des potentiels géniteurs du bébé qu’elle attendait. 
C’était aussi simple que cela ; Habibou Choupagou avait décidé de saisir cette opportunité que lui offrait la providence, dans le dessein de se soustraire au procès que ne manquerait pas de lui faire tôt au tard notre société au prétexte que sa semence n’était pas capable de fertiliser un utérus… C’est donc pour échapper à la sentence sociétale pour « délit d’infertilité » que Bibouchou était retourné nuitamment dans la chambre de la Bonne. Suite logique de son stratagème, c’est pour la même raison qu’il était autant aux petits soins pour la pauvre petite Alissa…
Être le père de l’enfant d’autrui, à n’importe quel prix, à tout prix, à tous les prix : voilà ce que l’homme se proposait de faire ; Dieu en disposerait-il autrement ?
Pour l’instant, une seule chose est certaine : Bibouchou est là, planté au milieu de sa chambre, en train de regarder la femme à qui il ne peut pas faire un enfant, en la présence humiliante de ce coiffeur-va-nu-pied, probablement le père de l’enfant que lui, Bibouchou, projette de s’en attribuer la paternité. Ah, cette vie ! 
Karmelle, Bibouchou, Donan Doni, Alissa, etc., en attendant de savoir de quoi demain sera fait pour ce beau monde, bonne chance à ceux qui gaspillent les meilleurs moments de leur vie à juger la vie des autres…

PS : J’ai dit ça, je n’ai rien dit !
Le Sorbonnard

A propos de Yann COLINCE 8 Articles
Colince Yann est journaliste, écrivain et activiste très actif. Il est l'auteur du roman La Princesse du diable, un roman paru à Cotonou aux éditions Sinaï (Nov.2010) , un véritable succès de librairie et tout récemment L'ivrogne de la Sorbonne (tranches d'histoires) paru aux éditions Plurielles en 2015 à Cotonou.

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