LITTÉRATURE BÉNINOISE, RACONTE!

  • Meurtre à la Pendjari – Modeste GANSOU WEWE [...]

    «Le pire cri de terreur que l'on puisse imaginer retentit, déchirant le calme à peine retrouvé... dans le tas de bois encore en feu, un corps méconnaissable, presque entièrement brûlé... C'était une femme, c'est tout ce qu'ils étaient en mesure de certifier.» page 10 Ces extraits, choquants à vous couper l'appétit apparaissent dans les deux premiers paragraphes de ce roman où l'écriture apodictique de Modeste Gansou Wéwé vous fait le témoin de sa trame. Bénin. Parc Pendjari. Sylvère Yemalin vient à peine de se réveiller d'un mal de tête qu'il se trouve être le principal accusé du meurtre d'une femme retrouvée presque entièrement brûlée à la suite d'un incendie, femme qu'il aura reconnue comme étant la sienne à la vue du corps. Ses remords, pris pour des aveux, lui font porter le chapeau de ce meurtre à la Pendjari, du crime de Anaïs Vésinou, grande vedette de la chanson et fille du ministre Stanislas Vésinou. Ce dernier pris de rage, use de tout son pouvoir pour voir son gendre derrière les barreaux. Non satisfait, il fait pression sur le commissaire Aglinon qui ordonne à deux prisonniers, Inoussa et Sambo, de mettre à mort Sylvère. Leur tentative se soldera par un…

    Publié le 31 octobre 2018
  • Mémoire du chaudron – épisode 74 [...]

    Savalou transcenda donc sa partition culturelle et ethnique est-ouest pour faire chorus derrière le candidat Yayi. La volonté d'un choix unique était si perceptible au sein de la commune que les représentants des autres candidats à cette élection présidentielle étaient obligés, pour la plupart, d'établir derrière le rideau des divergences politiques, de discrètes passerelles avec ceux qui faisaient figures de lieutenants du cheval gagnant qu'était devenu Yayi. Mais, dans ce Savalou qui n'en finissait pas de panser la blessure liée au décès de Paul Dossou, il y avait une sorte d'insolence ou, disons pour être plus précis, une sorte de fatalisme politique, lorsque j'y accompagnai Yayi pour la première fois. C'était en 2003. Un fils de Savalou, expatrié au Canada depuis les années de braise du régime révolutionnaire, nous y avait convié à une petite réjouissance familiale, mais avec, bien entendu, beaucoup d'arrière-pensées politiques. Son nom, Gilbert Gbègo Tossa, ne vous dira rien. Mais, je tiens ici à lui faire justice en le passant à la postérité. Car, son histoire avec Yayi fut l'une des plus parfaites illustrations de la mise en garde que me fit _"Maman Glessougbè"_ et sur laquelle il n'est point besoin de s'étaler ici pour les…

    Publié le 12 mai 2018
  • Parce qu’on n’a pas mieux ! [...]

    Marguerite Barankitse, Prix Nobel et Prix des droits de l’homme, dans son discours à l’occasion de sa distinction au rang de docteur honoris causa de l'Université Catholique de Lille le 02 février 2004, s’adressant à ses frères et sœurs africains, a affirmé que « nous ressemblons aux mendiants assis sur des lingots d’or » ! L’Afrique, à l’interne, à tous points de vue, dispose d’innombrables ressources qui devraient faire d’elle puissance et référence universelle. Comme les autres nations africaines, le Bénin dispose lui-aussi d’une richesse littéraire inépuisable. Qu’il s’agisse des ressources humaines, de la matière ou mieux, de la production livresque, la littérature béninoise s’est fait une place de choix ! Pour mieux vous en convaincre, votre blog s’engage à travers deux initiatives : « Littérature béninoise, raconte ! » et « Entre collègues de plume ». Si la première crée le dialogue entre l’écrivain et son lecteur autour du livre, la seconde « Entre collègues de plume » se veut, quant à elle, la réponse par la preuve à la question « les hommes de lettres béninois se lisent-ils ? ». « Littérature béninoise, raconte ! » Elle est une initiative qui vise la promotion de la littérature béninoise à travers une démarche participative entre écrivains et lecteurs. Elle consiste, en un premier temps, à collectionner des comptes…

    Publié le 5 février 2018
  • Temps additionnel de Martial KOGON: Le polar d’un vicaire [...]

    En fermant ce dimanche soir les pages de romans d'enfilage, j'ai retrouvé ma joie de Normalien. Joie ressentie quand en 2013, je recevais de ma moitié ce roman digne d'intérêt. Je tiens à partager avec vous, les followers de racontars de lectures ladite joie. Il s'agit comme vous le savez du premier roman d'un auteur talentueux du Bénin. Son nom est Martial KOGON. L'ouvrage a eu le prix Plumes Dorées 2013. Il aura, à travers ce roman bien cousu, réussi à faire passer un grand message sur la profondeur de l'amour vrai. En effet, ce livre bâti sur 231 pages et séquencé de 24 chapitres encadrés par un prologue et un épilogue, cuisine l'histoire d'un crapuleux assassinat d'un homme appelé Basile. Ayant des démêlés avec un narcotrafiquant, Basile sera assassiné par un gangster de haut niveau alors qu'il avait sollicité la protection de son amie, Mariam. Avant son trépas suite  à de violents coups de poignards   dans la gorge, Basile laissera une empreinte : « Edem m'a tué ». Or, le mari de Mariam s'appelle Edem Dalivi. En voyant cet indice qui condamnerait son mari (lunatique et toxicomane dans son passé), Mariam effacera l'écriture avant d'appeler la police. Elle se portera coupable d'un crime…

    Publié le 5 février 2018
  • [Passioné(e)s] Christelle Hazoumè lu et présenté par Gbenato Carolle TONOUKOUEN [...]

    L’histoire de ces femmes passionnées aux profils psychologiques différents et diversifiés. Elles ont chacune leurs aspirations, des antécédents familiaux, leurs personnalités et leurs défauts. Chacune avec son propre code d’honneur.  Ce roman ne parle pas que de femmes, mais il parle plus de femmes que d’hommes. Passionné (e), roman, éditions Plurielles, 2017, Cotonou, 232 pages est rédigé en 10 chapitres, dont 4 portent le nom d’un personnage féminin (Kenya,Mulan,Tona et Ofélia). Tandis qu’un seul chapitre porte le nom d’un personnage masculin (Le guide). En ouvrant le livre, on entre dans l’univers de plusieurs femmes modernes et d’hommes aussi. Le début du roman semble un peu difficile à comprendre, car le livre ne suit pas la chronologie des faits. Le premier chapitre commence avec l’épisode où Kenya va chercher son fils (Shabani) chez le guide qui est un guérisseur traditionnel. Sans aucune information préalable sur les personnages, le lecteur les découvre au cœur de l’action. Lorsque que Kenya et Shabani quittent la maison du guide pour se rendre chez eux, ils aperçoivent des brioches aux citrons devant une boulangerie. Ce sont à présent ces brioches et les souvenirs qu’ils évoquent chez Kenya que l’auteure utilise pour raconter : les circonstances dans lesquelles…

    Publié le 5 février 2018