NATITINGOU : La ville littéraire du septentrion

Josiane BAH KOTO : Maison TV5 de Natitingou

Le samedi soir passé, j’ai eu l’honneur de présider le jury 2019 du Prix Maison TV5 de Natitingou du jeune lecteur. Cet énième événement vient mieux confirmer Natitingou comme la ville la plus littéraire du septentrion. Si dans son discours, le directeur de la Maison TV5 Natitingou en fait cas, c’est à juste titre.

Josiane BAH KOTO : Prix Maison TV5 de Natitingou du jeune lecteur

Natitingou : la ville des 9 muses

La cité des Nanto est non seulement, pour les semeurs de mots, ville inspirante mais aussi créative. Nel Jocelyn Agbodandé de la Maison TV5 à la cérémonie de la finale du prix : « Aucune ville du Nord Bénin n’inspire autant de publications livresques que Natitingou. Ce n’est pas Modeste Gansou Wewe dans son roman Meurtre à la PendjariMartial Kogon L’ange Gardien dans son recueil de nouvelles Avec beaucoup de glaçons ou encore Florent Raoul Couao-Zotti dans son roman Western tchoukoutou publié en 2018 aux éditions Continents noirs (et qui vient de recevoir le Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française) qui me diront le contraire. (…) ».

Et pourtant Parakou aurait pu l’être !

Partons du fait que Natitingou jouit de cette aura grâce à son manteau d’ancien chef-lieu départemental. Ainsi, on aurait écarté les deux villes aux allures culturelles similaires que sont Djougou et Kandi. Mais que dire de Parakou ? Au-delà du titre de vieux chef-lieu qu’il partage avec Nati, Parakou est reconnu comme la vitrine du septentrion. Mieux, au plan d’infrastructures littéraires, Parakou fait partie des rares villes béninoises où est installé un Institut Français. Ce dernier devrait être l’épicentre d’intenses activités littéraires. En commun avec la capitale de l’Atacora, Parakou abrite une bibliothèque départementale, un centre de lecture du CAEB, un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle. Mais, avec mes sept ans passés à quêter les activités littéraires dans les quatre nord, Parakou est très loin derrière Nati (sous réserve des vérifications auprès du DAL (Koffi Attede).

Mais qu’est-ce qui ou qui est-ce qui est à l’origine de l’attrait littéraire de la belle Nati ?

– Les cultures Natemba et Otamari ou la situation de la ville au plan touristique ? Certainement que cela y contribue. Les tatas sombas gardent leur charme et ce, pour longtemps que les montagnes de la chaîne de l’Atacora existeront encore. Ensuite, pas de tourisme vers Tanguiéta ou Porga sans Natitingou. Les touristes préfèrent y accoster, y établir leur base avant de continuer sur Tanguiéta ou Porga.
– Les enfants de troupes (élèves du Lycée Militaire) ? Certes, sur 10 concours organisés à Nati, 9 trophées sont remportés par le Lycée Militaire Général Mathieu Kérékou. Mais le Prytanée militaire de Bembèrèkè aussi regorge d’enfants de troupe. Et pourtant ? Sauf si on se lance dans une théorie qui soutient que la littérature est plus une affaire de femme que d’homme. (Lol)

Nel Agbodandé, Eurydoce Désiré Godonou et Ghislain Gandjonon

Ce dont je suis sûr et en reste convaincu se sont les preneurs d’initiatives, ceux qui, armés de leur passion pour le livre avec en bandoulière leur créativité, qui font la différence entre Nati et Parakou. Il se trouve que Parakou n’en a pas ou n’en a pas encore de la carrure de Eurydoce Désiré Godonou, de Nel Jocelyn Agbodandé ou d’Armel Vodoungnon. L’association des deux premiers fera encore plus taba dans les mois à venir. Vous m’en direz des nouvelles.

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Ghislain GANDJONON, analyste programmeur, professeur et formateur en informatique. Mais ma passion pour la littérature me définit mieux.

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