L’autre goût de la vengeance – épisode 5

(…) Au bout de sept secondes d’un silence qui sembla durer une éternité, c’est Alissa qui la première eut la force de rompre ce concert de sourds.
– Femme voyou ! Mari voyou ! Tous les grands quelqu’un c’est zéro, hein !
Ayant dit cela, elle descendit du lit en trombe, prit la direction de la porte, bouscula le mari en passant, s’arrêta l’instant d’après, se retourna, foudroya DD du regard, le menaça de son index en essayant sans y parvenir de lui proférer quelques menaces verbales, porta ensuite et tour à tour sur Karmelle et Bibouchou un regard chargé de mépris et leur balança de nouveau avec le même dédain que précédemment :
– Femme voyou ! Mari voyou ! Vous-là, ce n’est pas grands quelqu’un, c’est zéro hein ! Zéro dans zéro…
Et elle claqua violemment la porte derrière elle…

***

Le temps est venu de relater cette histoire en commençant par…le commencement !
Au commencement était un dimanche comme les autres…Non, non, non ! Pas exactement…Tout a véritablement commencé le dimanche surpassé. Un dimanche pas comme les autres. Ce jour-là, Karmelle et Bibouchou étaient sortis ; elle pour assister à l’anniversaire d’une collègue de travail, lui pour prendre part à une réunion de la commission éthylique…ou éthique (la mémoire de ‘‘L’ivrogne’’ flanche). Le président de la commission éthylique…ou éthique (c’est selon), un certain Thang’A, avait eu plusieurs empêchements d’avant-dernière minute, ce qui avorta la rencontre. Bibouchou était revenu plus tôt et sans son véhicule qu’il avait laissé à la laverie ‘‘E-sans-tache & Cie’’, sur la grande route à l’entrée de son quartier. Rentré chez lui à l’improviste comme l’on rentre chez soi, il surprit Alissa, la Bonne, dans leur chambre, à Karmelle et lui, en train de leur faire les poches. Prise la main dans le sac, Alissa essaya de dissimuler les billets dans son soutien. Mais pas assez rapidement. Bibouchou, dont la vigilance n’avait rien perdu de son manège, se porta vers elle, courroucé.
– Qu’est-ce que tu fais ainsi ? Espèce de petite v…
Arrivé à la hauteur de la Bonne, Bibouchou fourgua sa main droite dans le soutien-gorge d’Alissa, en quête de l’argent qu’elle venait de dérober. Il fouilla sans circonspection…et trouva plus intéressant que l’argent. Il se mit à pétrir les seins de la Bonne, sans ménagement. Il en éprouva une heureuse sensation. Ensuite, il y eut de la suite dans ses idées. De la pensée aux actes, il promena sa main plus bas.
-Tu as caché une autre partie de l’argent ici aussi, n’est-ce pas ?
Bibouchou avait dit cela en enfouissant sa main sous le pagne de la pauvre petite. Son doigt s’était mis à farfouiller, visiblement autre chose que d’éventuels billets de banque.
– Si tu me laisses faire la chose, je ne dis rien et personne ne saura que tu es une voleuse…
Bibouchou avait parlé en ouvrant la fermeture de son pantalon. À peine Alissa avait réalisé ce qui se passait que Bibouchou l’avait jetée sur le lit. Tout s’était passé tellement vite…
L’appétit vient en mangeant ? Autour de 04 heures en effet, Bibouchou s’était réveillé comme un insomniaque. Il était sorti de la chambre conjugale sur la pointe des pieds, et était allé dans la chambre de la bonne, guidé par la pointe de son tuyau-à-pipi. Le mâle n’avait pas eu grand mal à réveiller Alissa qui elle aussi avait toutes les peines du monde à trouver un sommeil profond après les énervements…oups !, les événements de l’après-midi.
– Si tu me laisses faire la chose une dernière fois, je te donne cet argent et demain je t’achète les mèches brésiliennes et beaucoup d’autres choses…
Il avait parlé en mettant deux cent mille en coupure de mille francs dans le soutien de la dame. Prenant dans le même élan possession des seins de la Bonne. À dessein. Pas besoin de faire un dessin…
Le matin, à 07 heures, Bibouchou était déjà parti au boulot. Prise de honte, Alissa était elle aussi sortie dès le départ de son patron, avec l’intention de ne plus mettre les pieds dans cette maison.
Et c’est ici que l’histoire prend une tournure abracadabrantesque…

A propos de Yann COLINCE 8 Articles
Colince Yann est journaliste, écrivain et activiste très actif. Il est l'auteur du roman La Princesse du diable, un roman paru à Cotonou aux éditions Sinaï (Nov.2010) , un véritable succès de librairie et tout récemment L'ivrogne de la Sorbonne (tranches d'histoires) paru aux éditions Plurielles en 2015 à Cotonou.

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