Texte 13 : De père en fils, de Assiongbon Kagni ASSIONGBON. Présenté par Gloria Mariette AGBODJINOU

Avis de recherche sur Assiongbon Kangny Assiongbon : J’aimerais m’offrir l’honneur de lui poser une question qui me taraude mais dont la réponse semble évidente dans son roman de 199 pages: De Pères en Fils (Paru aux Éditions Tamarin).
A travers ces seize chapitres, au milieu de Ayato, Anagonou, Noubouli et Sagbo, près des cases (comme sur la première de couverture), me voilà à Affomadjè, petit village du Bénin (dans le Couffo). Impossible pour moi (sous peine d’une fin inexplicable) de me hasarder à la lisière de la forêt puisque non initiée. Oui, les génies qui s’y prélassent semblent très à cheval sur le respect des traditions:
« Il vit s’ouvrir un creux béant au milieu du tronc du grand arbre … se refusait d’admettre l’amère réalité. Puis, avec un relent vindicatif, la branche le projeta dans le trou béant qui se referma. »
Le métier de forgeron était un héritage depuis son ancêtre (fournisseur d’armes de la Cour Royale de Danxomè) jusqu’à Ayato, fils de Ganmènou. Ayato, généreux, travailleur et humble jouissait d’une excellente renommée même dans les contrées avoisinantes. Respectable et responsable père de cinq enfants, il menait une vie paisible entre son atelier et les réunions des sages relatives à l’organisation de la vie du village. Ses enfants et ses apprentis bénéficiaient de ses bons conseils et de son attachement à la culture endogène. Même dans la mystérieuse maladie qui lui faisait saillir les os à vue d’œil et l’alitait depuis des mois, insufflant aux siens un air insipide, il pensait encore aux préparatifs de la saison des cultures qui approchait à grandes enjambées. Mais rien de cela, ajouté aux multiples tentatives de divers féticheurs aux pouvoirs mystiques, sollicités par ses proches n’a pu le soustraire à la fin qui lui était (ou lui a été de force) destinée.
Coup du sort ou d’un mauvais sort ?
L’ingéniosité de l’auteur a voulu qu’à la fin de cette histoire, tragique en fin de compte, une sinistre découverte se fasse: le macchabée du vieux Zancou déchiqueté, lacéré par des gypaètes au milieu de la grande forêt. Coïncidence ou incidence d’un vieux démêlé?
Vous serez victimes de frissons et d’hébétude en parcourant ces belles lignes qui se veulent vectrices des réalités de l’Afrique Noire. Des voix gutturales ou stridentes provenant de nulle part ou de mottes de terre, des offrandes faites aux génies en passant par des danses rituelles et des libations suivies d’incantations à l’adresse de dame Nature, voilà aussi l’Afrique.
Une aventure effrayante mais le style narratif fluide, clair et surtout attrayant et le choix des mots de l’auteur vous emporteront au delà de notre (ennuyeux) quotidien de citadin et des images vous resteront gravées dans la mémoire.
Une œuvre qui nous épargne des mondanités habituelles.
Peut-être me suis-je trompée dans mon appréciation, bercée par le souvenir de mon enfance. Et si vous vous faisiez votre propre opinion de ce chef-d’œuvre qu’est De Pères en Fils.

Présenté par Gloria AGBODJINOU

 

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Ghislain GANDJONON, analyste programmeur, professeur et formateur en informatique. Mais ma passion pour la littérature me définit mieux.

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