Numéro matricule – Okri TOSSOU

Numéros matricules - Okri TOSSOU

Cher public !
Voulez-vous découvrir la Vie ? La vie vue sous les tropiques ? La vie comme elle nous est familière ici ? Cette vie ponctuée richement des vestiges des enfances déchirées, des ruines d’une existence écrabouillée par les bottes insatiables et barbares des hommes, les stigmates de ces enfants aux âmes perdues quoique toujours vivants, les irresponsabilités parentales, des mômes aux pleurs inconsolables infligés par une vie qu’ils n’ont guère choisie, les démons de l’Argent, l’orgueil et les vanités humaines, les vicissitudes des jeunes filles que la vie a condamnées, mais aussi les grivoiseries de Caro qui rendent Aïcha pâles de jalousie mal voilée ?
Voulez-vous participer à la célébration de l’unicité de la poésie féminine à travers l’habitus de la femme et tout son pouvoir divin de femelle ? Voulez-vous vous enivrer avec bonne dose d’érotologie, mais aussi constater la satire de l’agriculture rudimentaire, de la réalité de ces jeunes filles déscolarisées aux rêves rendus improbables par la perversité des détraqués au phallus indisciplinés… ?
Veux-tu toi-aussi photographier ce qu’est la vertu en politique, ce mythe des centaures ou la place de la femme dans cette arène viciée par ici ? Peindre les humiliations de l’enseignant, cet homme que tout le monde méprise pour avoir commis le crime d’être enseignant ? C’est pourtant lui qui est tout ce qu’on sait, mais demeure paradoxalement le souffre-douleur des gouvernants et de la société.
Veux-tu vivre l’incompétence et la corruption ambiante dans nos hôpitaux ? Chose que tout le monde sait, mais dont personne ne veut parler ? Tiens ! Tu as même un témoin-victime : l’’amie de Kolé qui a plus de cinq fois subi une opération d’arrachage de dents, parfois sans anesthésie aucune.
Si tu veux tout savoir sur ces péripatéticiennes, ces jolies fesses et cuisses bigarrées et mal dépigmentées qui ornent nos trottoirs au clair et au sombre de la nuit et ceux que le professeur Kakpo Mahougnon appelle « les hommes-débris » habités d’un « moi-vide » qui contrastent avec l’opulence goguenarde et la luxure des hommes crésus.
Si vous voulez vivre autrement ce que nous voyons tous les jours, ce spectacle désolant et stupide qui s’offre à nous quand nous arpentons certaines de nos ruelles campagnardes lézardées par les tragédies des guerres tribales et ethniques, ces routes chaotiques zébrées qui servent de solution abortive aux femmes et de cause gratuite de courbatures et d’arthrose aux hommes. Ces villages, avec leurs coutumes traditionnelles inamovibles et immuables où l’on renoue avec ses racines, aussi honteuses soient-elles, où l’on revit le microcosme familial avec ses plaies et ses joies…
Si vous voulez savourer tout cela, alors cherchez, fouillez et trouvez Numéros matricules de Okri TOSSOU. C’est un dialogue jouissif entre deux personnages comme au théâtre appelé roman. Dans ce chef-d’œuvre qui s’étend seulement sur 154 pages, Okri Pascal TOSSOU de son vrai nom, y a immatriculé tous les maux pour les soigner. Il est publié en 2015 aux Editions Plumes Soleil.

Présenté par Christophe AMOUSSOU

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Ghislain GANDJONON, analyste programmeur, professeur et formateur en informatique. Mais ma passion pour la littérature me définit mieux.

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