La traque de la musaraigne, – Florent Couao-Zotti

La traque de la musaraigne - Florent COUAO-ZOTTI

Un poète français, amoureux des grandes aventures chuta à Porto-Novo où sa vie allait basculer dans un grand virage. Déborah Palmer n’est, certainement pas la première femme qui enflamma le lit de Stéphane Néguirec. Pourtant, sa rencontre avec celle-ci sera l’une des plus épicées de toute son existence. L’écrivain béninois coud son histoire de mille et un débris ramassés dans les coins chauds de Cotonou et de Porto-Novo. Il fit, subtilement débarquer Jésus Light de son Ghana natal et le pousse au Bénin sur les traces de son épouse-victime qui eût l’intelligence de prendre la tangente avec le butin de son dernier braquage.
Point n’est besoin de lire l’intégralité de l’œuvre pour se rendre compte que, de toute la bibliographie de Florent Couao–Zotti, La traque de la musaraigne apparaît comme un ouvrage unique. Déjà, dès les premières pages, cet auteur au style aiguisé par une adresse extraordinaire des narrations vous plonge de la tête aux pieds dans son récit ; un récit qu’il égare, souvent, bien volontiers, en chemin pour s’attarder sur les choses et s’accrocher aux personnages. Dans l’histoire de la littérature béninoise, aucun auteur ne s’est intéressé avec autant de précisions au pays et à ses deux principales villes.
Florent Couao-Zotti, toujours si malade des détails nous plonge, ici au cœur du quartier Jonquet avec « ses odeurs de femelles carnassières » ; il nous balance à la figure « Porto-Novo entre ses odeurs de kanan et ses bruits de Ago atchégbé ». Mais il n’y avait pas que cela ; il y avait surtout l’évocation ésotérique de la viande de porc, l’un des plats les plus prisés de la région et, enfin ce commerce de l’essence « kpayo » si nourrissante, si dangereuse.
Florent Couao-Zotti oublie, souvent son histoire et se concentre à peindre une société béninoise en proie à la corruption et à la déification de l’argent. Le commerce illicite, le faux et usage de faux, la prostitution, le banditisme mais aussi la solidarité, l’hospitalité et la force de sourire (malgré les épreuves) sont quelques-uns des traits caractéristiques de cette société béninoise décrite dans le livre.
Fort heureusement, Florent Couao-Zotti, le disciple confirmé d’Ahmadou Kourouma sait arroser ses lecteurs d’une pluie de proverbes. Cette belle œuvre, je vous le dis est une affaire de béninois. Ce qui est sûr, « entre musaraigne, on ne s’insulte pas d’odeurs ».

Présenté par Christophe AGBODJI

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Ghislain GANDJONON, analyste programmeur, professeur et formateur en informatique. Mais ma passion pour la littérature me définit mieux.

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