THÉÂTRE

  • Une chronique pour niquer ‘‘LE CHRONIQUEUR DU PR’’ (Le dernier livre de Daté Atavito BARNABE-AKAYI) ? [...]

    Deux journalistes. Unis par les liens d’une l’amitié de longue date. Ils ne sont pas frères ; ils sont plus que des jumeaux. L’un, ‘‘Le confrère’’, est devenu Président de la République grâce à l’autre. L’autre, ‘‘Le Chroniqueur’’, désormais captif de l’un, est sur le point d’être exécuté. Et ce n’est pas le pire. Chacun essayera d’imaginer par lui-même le tableau : l’ami de toujours, ton plus-que-frère, celui qui est devenu président grâce à toi, est le même qui t’a fait kidnapper ; comme tu essayes de comprendre, il te jette à la figure : ‘‘ C’est moi qui ai tué ta famille’’ (P60). Toute ta famille ! C’est-à-dire ta femme et tes trois filles. Et encore, nuances ! Tu apprends que les trois filles ne sont pas vraiment toutes les fruits de tes gonades. En somme, l’ami que tu aidas à devenir président te le rendait bien, t’aidant à son tour en assumant tes devoirs conjugaux. Suprême ''gratitude'', ton ami devenu président grâce à toi t’avoue avec toute la solennité due à son nouveau rang, qu’il a tué celle avec qui il te faisait cocu, qu’il a tué ta propre femme…pour sauver ton honneur ! Abusé dans sa naïveté,…

    Publié le 5 janvier 2019
  • Le Kleenex qui tue – Hermas GBAGUIDI [...]

    « La chair nous réclame aussi son dû. Nous sommes obligés de la satisfaire en même temps que l'esprit. L'être humain est fait de chair et d'esprit. » p18 La faiblesse de l'être humain a été depuis toujours, celle de la satisfaction des plaisirs charnels, d’un corps périssable, qui nous traîne à travers les sentiers, vers notre fin. Ce corps qui fait du sacerdoce du religieux, un sacerdoce de profane, de la promesse de fidélité d'une femme, la promesse d'un ivrogne. Le Kleenex qui tue est la représentation esthétique des conflits qui minent notre quotidien, qui l'animent et qui sont ici incarnés par des personnages pleins de vie et hauts en couleurs. Le Kleenex qui tue, c'est quatre pièces de théâtre, quatre foyers de conflits sociaux réunis en un recueil : La chute de Capernaüm, Une chambre pour mourir, La femme Mossi est de retour et Le kleenex qui tue dont l’œuvre est éponyme.  Chacune de ces pièces a sa saveur particulière qui la démarque des autres. Dans La chute de Capernaüm, la plume de Hermas Gbaguidi se dresse contre l'hypocrisie, la tromperie, la bassesse dont fait montre l'ordre religieux, celui catholique en particulier. La sœur Lucie, dernière survivante de Fatima, se…

    Publié le 12 novembre 2018
  • Écartèlement – Ganiath Bello [...]

    Tremblement  de corps  est  le titre que  porte  les sept   pièces de théâtre issues  de la  4è édition du  concours  national   d’ écriture  ‘’ Plumes  Dorées ‘’. Publié dans le  cadre du grand projet  culturel «  Bénin en création » chez les Éditions plurielles, 2012 Cotonou - Bénin ,  ce recueil de pièces de théâtre a révélé au grand jour et au grand bonheur  des amoureux du théâtre, le génie et le talent de sept jeunes plumes, toutes méritantes les unes que les autres : Hurcyle  Gnonhoue dans Tremblement de corps - Josiane Bio Dafia  dans l’Enfant du péché - OR’a N’ Donousse dans  Owo éshu - Ganiath Bello dans Ecartèlement - Giovanni Houansou dans  sept milliards  de voisins  -  Marie Christelle Legonou   dans  Louise  d’Akotomey et Sylvie Ayanou  dans Iyâ chadé. C’est avec Écartèlement de  Ganiath Bello que le lecteur a droit à un percutant monologue, fait de rire et de larmes ; de joie et de peine ; de plaisir et de douleur voire de drame. Un monologue à long souffle qui met à l’index la moralité et l’éducation des jeunes filles. En fait il s’agit plus précisément dans cette pièce de Ganiath BELLO, de Jacqueline, fille unique…

    Publié le 15 octobre 2018
  • Outrage à la Saint-Valentin -Augustin Yédia TOSSOU [...]

    Pièce de théâtre à titre évocateur, métaphorique et troublant, Outrage à la Saint-Valentin est avant tout une œuvre très incitative. Elle met à nu les vices de notre société dans un style humoristique : harcèlement sexuel, avortement, trahison et injustice. Dans un amphithéâtre de l'Université de la ville d'Ehouzou, Bérika devient la proie de Domingo, son camarade de classe et de Chadius, son professeur de droit. Domingo profite de la chaleur de la journée du 14 février pour prouver son amour à Bérika. Ne pouvant plus retenir son souffle face à la beauté et surtout à la tenue vestimentaire de son étudiante qui met en relief le corps pur de la jeune fille, Chadius promet ciel et terre à Bérika si elle acceptait ses avances. Que faire devant ces situations déconcertantes et troublantes, surtout quand on est une fille engagée ? "Ne l'oubliez pas : Mélek est mon fiancé et je lui ai juré amour et fidélité". Devant l'amour et la dignité, l'argent et les honneurs de ce monde, que faire? Bérika se replie sur sa copine Tatiana, pour trouver remède à sa situation. Tatiana lui conseille d'accepter les avances de Chadius et tout le confort et les avantages dont…

    Publié le 18 septembre 2018
  • Immigritude – Jean-Paul TOOH-TOOH [...]

    A la fin de la lecture de la première pièce de théâtre, au-delà de la fiction dramatique, tragique et parfois comique, Jean-Paul TOOH-TOOH semble déterminé à crucifier la volonté du plus convaincu des candidats à l'immigration clandestine. Immigritude est un recueil de cinq pièces de théâtre, toutes d’auteurs différents, traitant de sujets d’actualité et de réalités sociales parfois à des degrés insoupçonnables. La première pièce dont l’œuvre est éponyme expose la mésaventure de deux sœurs toutes deux immigrées clandestines. A la quête d’ « un ailleurs meilleur », Zéïnabou et Fatima, séparément dans le temps, ont fui leur pays pour rejoindre l’Europe. « Avec sur la route sexe, alcool et violences ». Elles ont « pris le chemin de l’errance espérant l’opulence ». A la destination, la situation miséreuse soutenue par la psychose de leur statut de sans-papier, l’«atmosphère frigorifique », est aggravée par la grossesse de Zéïnabou. Cette dernière porte dans ses entrailles le fruit d'une mésaventure des plus épatantes. «Le véhicule qui nous transportait de Gao à la frontière algérienne tomba en panne à Kidal, une ville malienne. C’était la nuit. Sur les 65 passagers, nous étions deux filles. […]Là, derrière la voile sombre de la nuit, des…

    Publié le 30 juin 2018
  • La tombe rebelle – Yaya Lawani [...]

    Vous l’avez sûrement appris : l’actuel timonier du pays des ivoires n’entend pas laisser le pouvoir. Surprenant ? Sûrement pas pour tous ! Loin de paraître un prophète de malheur, je nous souffle que les conséquences d’une telle boulimie du pouvoir sont fâcheuses. Voire affligeantes. C’est du moins ce que nous enseigne Yaya Lawani dans La tombe rebelle. Pièce de théâtre parue aux éditions Wéziza en 1997, cet ouvrage est une épopée dont le thème principal demeure d’actualité : éternisation de certains chefs d’État, surtout africains, au pouvoir. À travers La tombe rebelle, Yaya Lawani nous relate une histoire dont l'intrigue se déroule à Kouroukouna, un village bien imaginaire dans lequel règne une monarchie indétrônable. Au centre de l'histoire, se trouve Orélor, le prince régnant. Ses sujets lui vouaient un culte sans pareil. Lors d’un coup de force perpétré par ses amis, dont en particulier Ikakporé, il meurt avec plusieurs de ses sujets. Tout promptement, après la mort d'Orélor, Ikakporé fait le sacre et deviendra roi. La rébellion d'Orélor se fait sentir. Orélor envoie des missives supposées expédiées de l'au-delà plus précisément du carrefour mon destin. Il envoie d'abord une première au roi et une seconde à sa famille. Il fait de même à…

    Publié le 7 juin 2018
  • Quand Dieu a Faim… – Daté Atavito Barnabé-Akayi [...]

    « La véritable passion n’a jamais été normale » (p.51) « L’amour dont nous parlons se communique par le cœur, par l’âme, par l’esprit » (p.86) Quand Dieu a Faim... , un titre saisissant, évocateur, allusif et métaphorique, mais aussi troublant et déconcertant. Dieu peut-il avoir faim ? De quoi aurait-il faim ? Qui le nourrirait ? Autant de questions qui vous incitent à aller à la découverte de cette pièce de théâtre publiée d'abord en 2014, aux éditions Plumes Soleil  puis en en 2015, aux éditions LAHA. Quand Dieu a Faim...est une signature de l’écrivain béninois Daté Atavito Barnabé-Akayi, lauréat du Prix Président de la République en 2017. Quand Dieu a Faim… , une œuvre où les délires de la race humaine, malmenée par le sentiment passionnant de l’amour s’engouffre dans l’abime immonde et sans retour de l’homosexualité. Étalée sur onze titres, tous incitatifs et provenant des répliques des personnages, cette pièce théâtrale déroge  aux principes de l’écriture traditionnelle dramatique et propose une nouvelle approche. Une approche qui gêne, séduit, pique et charme à la fois. Elle commence par l’étalage de la misère de Chigan alors petite fille qui souffrait le martyr sous le poids pénible des travaux domestiques que…

    Publié le 14 mai 2018
  • Tremblement de corps – Hurcyle GNONHOUE : il y a comme un effet Tartuffe à un certain régime [...]

    « Une femme dans un foyer, c’est et l’amie, et la mère. Quand l’amie n’existe pas, il est difficile que l’oreiller soit conseillé » P. 33 Un drame écrit à l’encre de la témérité par une plume déliée peint, dans une satire défiant toute indifférence, un pan de la vie intime ratée d’un couple présidentiel dans un pays facilement identifiable. C’est le moins que je puisse dire de la pièce Tremblement de corps, première pièce de théâtre du recueil éponyme, publié  aux éditions Plurielles, 2012, Cotonou, de Hurcyle GNONHOUE. Ecrite en quatre souffles animés par quatre personnages, l’œuvre est le premier prix de la quatrième édition du concours nationale d’écriture Plumes Dorées. La première dame, Mme Majoie Boya, a surpris une fois encore le Président de la République en pleins ébats sexuels avec la représentante de la Ligue des femmes à la veille de la 'journée nationale de la féminisation des discours'. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de tout ce qu’elle n’a que trop supporté. Pour se venger, la femme trompée décide de faire cocu son mari, monsieur le Président de la république avec Salem, un journaliste patron de magazine. Ce dernier, éminent homme de…

    Publié le 9 avril 2018
  • [Les voyagistes ] de Pelphide Tokpo ou de la psychologie des acteurs de l’émigration clandestine (par Colbert Tatchégnon Dossa, écrivain) [...]

    Trois trublions de personnages : Aklassou, Marx et Nougloyi ; chacun sûr de son jeu qu’il dissimule bien aux autres. Les trois à l’intérieur des quatre murs d’un bureau de fortune abritant une agence au nom drôlement prometteur : AGENCE AU REVOIR LA MISÈRE. Prometteur pour les Africains désespérément accrochés à leur rêve d’émigration en Occident si ce n’est dans la méditerranée au royaume des requins. Voilà le décor dans lequel évoluent les trois personnages de la pièce théâtrale « Les voyagistes » de Pelphide Tokpo (in Collectif, Au nom de tous ces cons, recueil de pièces théâtrales, Cotonou, Editions Plurielles, 2017) ; trois personnages que le lecteur/spectateur croit connaître jusqu’à la dernière scène où le masque de chacun d’eux tombe. Il s’agit en effet d’Aklassou, le patron d’un réseau de passeurs qui se font appeler des « voyagistes ». Son agence dit fournir aux candidats à la migration « trois packages » (lisez : offres) de services pour les conduire jusqu’en Europe : le package  Silver, le package Gold et le package Diamand : le package  Silver regroupant « le voyage et l’option ‘’RF’’ » c’est-à-dire « Regroupement Familial » qui donne au client candidat à l’émigration « la possibilité de se voir rejoindre là-bas en Europe, par n’importe quel parent dès qu’il le souhaite ; ceci par les…

    Publié le 5 février 2018