VISAPLUS – Aristide GONSALLO

VISAPLUS - Aristide Gonsallo

« Voyez-vous?  Il y a dû avoir erreur sur ma personne… Ça ne m’est pas destiné… Mais une erreur, ça peut se corriger. Vous pourriez me revoir ça illico, n’est-ce pas ? Aucune pièce ne manque pourtant dans mes dossiers…mon visa, j’y ai mais tout mon espoir. Ne me dites pas qu’il m’a été refusé. C’est la seule option qui me restait et qui en valait la peine. »

C’est exactement en ces termes que je me serais adressé à ces employés du consulat si j’étais Daline, qui ne sut plus à quel saint se vouer après avoir reçu son passeport. Pire, elle ne saura jamais pour quel motif le consulat n’a pas voulu le lui accordé. C’était la sentence. Elle devra rester au pays pendant que de l’autre côté, son ami Arioste élu par son sort pourra se rendre en France pour se faire perfectionner en affaires domaniales comme prévu. Quitter son pays pour aller loin en aventure, à la découverte d’un autre monde resté totalement inconnu pour soi jusque-là ; changer de milieu en espérant une vie meilleure ailleurs, parfois peu importe tous les risques que ça comporte. On a juste envie de partir, et c’est tout ce qui compte. Ne suis-je pas en train d’aller loin dans cette mélancolie ?

Aristide Gonsallo, notre auteur, homme de lettres et ecclésiastique, sa soutane ne sera pas pour lui une excuse pour assouvir sa passion de l’écriture. À travers un magnifique recueil de nouvelles, paru aux Editions Publiques africaines dont le titre sera celui que porte la dernière nouvelle à savoir VISAPLUS, l’évêque de Porto-Novo traque sans relâche les faits de société, tenaille l’esprit du lecteur dans presque tous les sens et ose même parfois l’abandonner sur sa soif avec une volonté masquée de lui recommander de s’imaginer la suite du récit.

C’est le cas de Frédéric qui va s’ingurgiter du poison après avoir tenté en vain d’obtenir l’accord de sa maman de quitter la maison pour aller vivre seul en location. Déjà, étant donné que la recette qui servira de tentative de suicide ou de suicide a été lu dans un ouvrage intitulé la vie vaut-elle la peine d’être vécue? que Frédéric traînait partout sur lui avant d’avoir commis son forfait, il importe de se poser la question suivante: tout livre vaut-il la peine d’être lu?

Après avoir été conduit d’urgence à l’hôpital pour être désintoxiqué, le lecteur ne saura jamais s’il a survécu. En tout cas, l’écrivain soucieux de l’éducation des enfants tient à nous montrer que les parents ou les enseignants tant qu’ils le peuvent doivent non seulement veiller à éduquer les enfants à la lecture mais aussi à ce qui doit être lu pour leur épanouissement plutôt que pour leur évanouissement.

Même si cette nouvelle sera titrée « drame d’une déception », je vous rassure que ce ne fut guère le récit le plus dramatique et le plus tragique de ce recueil. En fait, je voudrais simplement vous prier de garder sur vous un petit torchon quand vous serez sur le point de lire « Hector le terrible ». L’avertissement est gratuit, vous m’en remercierai certainement.

« Ah ! Portable, tu es vraiment insupportable. »

Il s’agit bien de l’autre nouvelle intitulée Crise des GSM au cours de laquelle l’auteur ne pût s’empêcher de se laisser aller à un poème, pour décrire et décrier une fois encore les différents impacts sociaux de l’utilisation du téléphone portable sur l’homme, ce que les avancées technologiques en général ont fait de l’homme et  finit par recommander au lecteur un effort de retour au naturel et à l’humanisme.

 Il y a encore tellement à apprendre dans ce recueil qu’au lieu de m’évertuer à vous récrire les récits des onze nouvelles ici, l’idéal serait de laisser chacun vivre cette intimité unique et profonde avec cette œuvre de 199 pages, afin d’en déceler soi-même les trésors cachés.

A propos de Roméo ASSABA 2 Articles
Juriste de formation et Téléconseiller de profession. Amoureux de la lecture, je voudrais bien partager mes aventures livresques avec vous.

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