VIVES RECOMMANDATIONS

  • Partir ou rester… L’infamante république – Habib Dakpogan [...]

    Voilà un roman d'une grande originalité, de surcroît d'une excellente qualité et servi par un style d'une rare élégance. Mais pour une fois encore, je constate à regret qu’il est, comme tant d’autres chefs-d’œuvre de la littérature béninoise, passé quasiment inaperçu au moment de sa sortie. Partir ou rester … L’infamante république  est le premier roman de l’écrivain béninois Habib Dakpogan, publié aux éditions Ruisseaux d’Afrique à Cotonou en 2005. Une caricature qui, à la limite,  raille, stigmatise, flagelle voire cafarde avec fougue et verve les abus, les vices, les travers du fonctionnariat dans l’administration publique. Fifa, 22 ans, titulaire d’un Brevet de Technicien Supérieur en finances et comptabilité est admise au concours national de recrutement des contrôleurs financiers. L’euphorie de ce succès n’a duré que le temps d’un feu de paille. Elle doit aller prendre service à Totaligbé, dans le nord du pays, une zone déshéritée, sans courant et sans téléphone. L’unique moyen de communication avec le sud reste donc les lettres. Son époux, la trentaine à peine, qui assure dans le texte le double rôle du personnage principal et de narrateur, est un cadre dans une direction régionale de la santé à Zounkodaho, la grande ville du sud. Ce…

    Publié le 11 janvier 2019
  • Une chronique pour niquer ‘‘LE CHRONIQUEUR DU PR’’ (Le dernier livre de Daté Atavito BARNABE-AKAYI) ? [...]

    Deux journalistes. Unis par les liens d’une l’amitié de longue date. Ils ne sont pas frères ; ils sont plus que des jumeaux. L’un, ‘‘Le confrère’’, est devenu Président de la République grâce à l’autre. L’autre, ‘‘Le Chroniqueur’’, désormais captif de l’un, est sur le point d’être exécuté. Et ce n’est pas le pire. Chacun essayera d’imaginer par lui-même le tableau : l’ami de toujours, ton plus-que-frère, celui qui est devenu président grâce à toi, est le même qui t’a fait kidnapper ; comme tu essayes de comprendre, il te jette à la figure : ‘‘ C’est moi qui ai tué ta famille’’ (P60). Toute ta famille ! C’est-à-dire ta femme et tes trois filles. Et encore, nuances ! Tu apprends que les trois filles ne sont pas vraiment toutes les fruits de tes gonades. En somme, l’ami que tu aidas à devenir président te le rendait bien, t’aidant à son tour en assumant tes devoirs conjugaux. Suprême ''gratitude'', ton ami devenu président grâce à toi t’avoue avec toute la solennité due à son nouveau rang, qu’il a tué celle avec qui il te faisait cocu, qu’il a tué ta propre femme…pour sauver ton honneur ! Abusé dans sa naïveté,…

    Publié le 5 janvier 2019
  • Le centième discours – Habib Dakpogan [...]

    A quand une femme présidente de la république au Bénin ? Dans quel état sera le pays en tenant compte de la parallèle évolution des effets du réchauffement climatique et des TIC en 2059 ? Et enfin, au centenaire de l’indépendance du Bénin, quel sera l’état des lieux au plan social, économique et démocratique ? Autant d’interrogations auxquelles, avec sa plume intransigeante et sans langue de bois, Habib Dakpogan, dans la cinquième nouvelle, Le Centième discours, de son livre Etha Contest, recueil de nouvelles, Editions Plurielles, Cotonou, 2015, 259 pages, répond avec une satire qui ne saurait laisser l’observateur et témoin lambda de l’évolution de la démocratie béninoise indifférent. Nous sommes en 2059. Soit un an avant la célébration du centième anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Le pays, à tous points de vue, était agonisant : bouleversements climatiques, crise alimentaire sans précédent, crise énergétique, avancée dévastatrice de la mer, … La population avait faim et en avait marre des harangues des politiciens. L’armée, décidée à se servir de son ultime recours face à la gestion funeste des civils au sommet de l’État : se débarrasser du pouvoir en place par un putsch. C’est dans cette situation socio-politique tendue…

    Publié le 27 mai 2018
  • Recommandés pour juillet [...]

    1- Education par l'amour, une force de demain, Sœur Perpétue E. TIGRY, Ed. Aurelius, Cotonou, 2015, 136 pages "La tâche première et essentielle de la culture en général, et aussi de toute culture, est l'éducation... L'éducation consiste à ce que l'homme devienne toujours plus homme, qu'il puisse être advantage"(Jean Paul II in Education par l'amour, une force de demain, Sœur Perpétue E. TIGRY, Ed. Aurelius, Cotonou, 2015, page 13)   Cette signature de la religieuse Perpétue E. TIGRY, Sœur de Saint Augustin, parue aux éditions Aurelius, Cotonou, 2015 (136 pages), est une réflexion philosophique sur l'Education qui prend ses sources dans les œuvres de grandes figures ayant déjà abordé, de façon érudite, la question telles que Saint Augustin, Jean Paul II, Platon, Socrate, Paul Ricœur, Rousseau pour ne citer que ceux-là. Par ces temps où la question de la réussite scolaire et surtout aux examens nationaux fait couler beaucoup d'encre et de salive, la lecture de ce livre, j'en suis convaincu, vous édifiera. La simplicité et l'accessibilité du vocabulaire utilisé par l'auteure n'enlève rien à la justesse des déductions et des analyses qui jalonnent le livre. Au passage, je précise que la Sœur TIGRY, de l'Institut des Sœurs de Saint Augustin du Bénin, fut…

    Publié le 5 février 2018